ÉGALITÉ – COOPÉRATION – HARMONIE
Le quinzième jour du septième mois lunaire, année Tan Hoi (1971)
NGUYEN MINH THIEN
I. INTRODUCTION
La devise de Minh Ly Dao repose sur trois piliers : Égalité – Coopération – Harmonie.
Le mot tieu signifie aussi un étendard ou une bannière levée. Le mot ngu signifie proprement « paroles » ou « discours ». Réunis, ils désignent ici une formule, un ensemble de mots. Les deux syllabes « tieu ngu » signifient ensemble une formule, ou un ensemble de mots, qui proclame le véritable but et la haute aspiration d’une lignée ou d’une branche, afin que chaque membre en saisisse l’essence, garde à l’esprit le but de sa lignée ou de sa branche, et agisse en conséquence.
II. ÉGALITÉ
Binh signifie : plat et régulier, sans inégalité ni différence de niveau, comme la surface d’un étang ou d’un lac lorsque le vent est calme. Dang signifie : rang, ordre, niveau. Réunis, « égalité » (binh dang) signifie être de niveau les uns avec les autres, du même rang, sans supérieur ni inférieur, sans plus grand ni plus petit.
Au sens mondain, « l’égalité » signifie que devant la loi — en matière religieuse, politique, économique et autre — tous les hommes sont semblables. Mais on pourrait demander : combien de nations ont véritablement mis en œuvre ce principe ? Car les lois en vigueur ne sont que des lois établies par la société mondaine sur la base du sentiment humain ordinaire, et sont largement déficientes, puisqu’elles ne cherchent qu’à comprendre la fonction sans guère prêter attention à la substance essentielle.
Cette substance essentielle est la Voie — la Connaissance Innée, la Capacité Innée, la Vérité Céleste, la Nature de Bouddha — c’est-à-dire l’Origine Primordiale, la source même du Ciel, de la Terre et de l’Humanité (les Trois Puissances).
Chacun possède également la Voie en lui, ou une Nature originelle égale ; chaque personne ressemble à toute autre, étant fondamentalement une, sans dualité. Ainsi, en ce monde, seule cette substance originelle est véritablement égale et éternellement existante ; tout le reste — les phénomènes des dix mille choses — est entièrement différencié et sans cesse changeant.
L’écriture bouddhique appelle cette substance originelle « immuable et pourtant se manifestant selon les conditions, se manifestant selon les conditions et pourtant immuable » — c’est-à-dire : la substance originelle ne se déplace ni ne change jamais, mais lorsque les conditions surviennent, elle se manifeste ; et bien qu’elle se manifeste selon les conditions, elle demeure néanmoins inchangée.
Si donc nous voulons choisir un véritable objet d’égalité, nous devons prendre cette substance originelle, car elle seule possède véritablement la nature de l’égalité, et elle seule est éternellement existante et immuable.
III. COOPÉRATION
Le mot cong (co-) signifie : unir deux ou plusieurs composantes différentes pour former un résultat unique, complet et grand — aussi appelé « joindre les forces » (hiep tac). Tac signifie action, activité. « Coopération » (cong tac) signifie : de nombreuses personnes, de force variable, joignant leurs mains pour accomplir une tâche importante.
Le Dao Hoc Chi Nam (Boussole des études religieuses) propose un exemple illustratif : « Un beau jardin est un rassemblement d’innombrables éléments individuels — depuis les plus petits cailloux, jusqu’à l’eau vert-bleu vaporeuse serpentant sous des rangées de fleurs aux couleurs vives, sous de majestueux bouquets de pins et de cyprès. Cette union harmonieuse, exempte de discorde, crée un cadre qui mêle couleur et parfum, formant une pensée sereine et unique que le spectateur peut contempler. »
Ce ne sont pas seulement les êtres de ce royaume terrestre qui doivent s’unir les uns aux autres ; même le royaume céleste et le royaume terrestre, le Ciel et l’humanité, doivent coopérer ensemble pour qu’existent la véritable joie et la véritable beauté. Cette forme de coopération est appelée « Thien nhon hiep nhut » — le Ciel et l’humanité unis en un seul.
Un ancien dicton énonce : « Nhut bon tan van thu, van thu qui nhut bon », c’est-à-dire : les dix mille choses différenciées se dispersent d’une seule racine, et les dix mille choses différenciées reviennent de nouveau vers cette seule racine. Sans coopération, comment ce retour à l’unité, ce retour à la Voie, pourrait-il jamais être accompli ? Les fidèles doivent toujours garder à l’esprit les deux mots « Coopération », car ce n’est qu’ainsi que nous pourrons atteindre notre but. Nous ne devons jamais, pour quelque raison que ce soit, nous laisser devenir hostiles les uns envers les autres ou divisés, car ce faisant, nous ne ferions que nous emprisonner nous-mêmes dans le cycle de la naissance et de la mort.
De plus, nous coopérons pour un but élevé et juste, au bénéfice de tous, de la société humaine tout entière — non pour un gain personnel, ni pour rechercher richesse et statut pour nous-mêmes seuls.
Le Dao Hoc Chi Nam ajoute : « Une coopération sans harmonie ne peut véritablement être appelée coopération. Ce n’est que réunis dans une atmosphère d’harmonie que le résultat désiré peut être atteint. Coopération et harmonie sont comme la forme et son ombre. La coopération est la maison ; l’harmonie en est le fondement. »
IV. HARMONIE
1. Le mot « Hoa » (Harmonie)
Hoa signifie être en accord les uns avec les autres, s’unir joyeusement ensemble. Son contraire est un cœur divisé, d’opposition et de discorde mutuelles.
En ce monde, chaque personne possède un tempérament différent. Pour parvenir à l’harmonie, celle-ci ne peut venir d’un seul côté. Tous doivent partager une résolution commune, sacrifiant les questions mineures tout en maintenant fermement l’essentiel — c’est-à-dire choisir un but commun auquel se consacrer. Notre tempérament actuel n’est nullement notre nature naturelle, donnée par le Ciel, mais seulement le produit d’une longue habitude. Quiconque possède une volonté forte et courageuse peut peu à peu se former lui-même, abandonnant les vieilles habitudes malsaines, et ainsi retourner à sa bonté originelle. Le bouddhisme appelle cette méthode de culture « imprégnation par la pratique » (huan tap).
Le Dao Hoc Chi Nam énonce : « L’union harmonieuse ne signifie pas s’abandonner à la foule, dériver passivement à travers la vie. S’unir harmonieusement avec autrui, sans réellement s’efforcer vers son but établi, est une harmonie qui ne mérite pas son véritable nom. »
2. Le mot « Ai » (Bienveillance aimante)
Ai signifie aimer autrui, le considérant comme son propre corps, ses propres mains et pieds. Mais le « Ai » dont il est question ici n’est pas l’amour ordinaire et étroit confiné à soi-même ; cet amour doit au contraire s’étendre impartialement et largement pour englober la société, l’humanité et tous les hommes sous le ciel.
Le Dao Hoc Chi Nam énonce : « Un amour noble et sacré peut résoudre les innombrables troubles de la vie humaine. » La meilleure ligne de conduite est de moins juger autrui, de l’aimer davantage, et de le guider afin que tous progressent ensemble.
Ainsi, les deux mots « Harmonie » (Hoa Ai) forment l’unique chemin vers le but ultime de la Voie. Ce n’est que lorsque la vie mondaine et la vie religieuse se soutiennent mutuellement que l’état de Grande Harmonie — le Paradis de la Félicité Ultime — peut s’établir ici, dans ce royaume terrestre. D’où ce poème :
La bienveillance aimante embrasse tous les êtres,
Nourris et préservés par une seule main.
La pluie et la rosée se déversent au milieu des bouleversements du monde,
Une grâce sans limites tombe en pluie tandis que l’ère se transforme.
Un ruisseau se tarit loin de sa source originelle,
Une flamme faiblit lorsque le foyer manque de combustible.
Connaître la Voie, connaître autrui, se cultiver en conscience de sa place —
La Grande Harmonie entre tous les êtres ne pourrait alors jamais faillir.
V. CONCLUSION
La devise de Minh Ly Dao repose sur trois piliers : Égalité – Coopération – Harmonie.
Ailleurs, on élève le mot « Liberté » — mais sans Égalité, comment la Liberté pourrait-elle jamais être atteinte ? Ainsi, Liberté et Égalité sont cause l’une de l’autre. Quant à l’amour universel (Bac Ai), le « Hoa Ai » de Minh Ly signifie mêler et harmoniser — se fondre soi-même avec l’humanité tout entière comme en un seul — et ce n’est qu’ainsi que l’on atteint véritablement le but ultime de l’amour universel, le but ultime de la Voie.
Je souhaite sincèrement que les fidèles prêtent une attention soutenue à la devise de notre foi et s’efforcent avec ardeur de l’accomplir, car ce n’est qu’ainsi que nous préserverons et ferons progresser la voie de Minh Ly qui nous a été confiée par les Trois Fondateurs. Désormais, notre bonheur — et le bonheur de toute l’humanité — jaillira également de cette même devise.
Avec toute la sincérité du cœur.
