LE MINUTAGE DU FEU DE MINH LY DAO (PARTIE 1)
Résumé
A. Remarques préliminaires pour comprendre le sens du diagramme du Minutage du Feu de Minh Ly Dao. L’auteur explique d’abord que ce diagramme est symbolique — une chose visible expliquant un principe invisible, par simple analogie approximative plutôt qu’identité littérale, comme le serpent illustre grossièrement la forme du dragon. Il développe la doctrine de « Dieu en Trois Personnes » : la pensée humaine moderne reconnaît Volonté, Intellect et Émotion comme les trois composantes de l’esprit ; de même, chaque grande tradition religieuse professe une Trinité divine sous des noms différents — la Sainte Trinité chrétienne, Brahma-Vishnou-Shiva de l’hindouisme, les Trois Corps du bouddhisme, les Trois Purs du taoïsme, ou le Mandat Céleste/la Voie/l’Enseignement du confucianisme. Minh Ly Dao vénère de même trois figures — Dieu Tri Kim Mau (Faîte Sans Bornes), Ngoc Hoang Thuong De (Faîte Suprême) et Hong Quan Lao To (Faîte Auguste) — comme représentants des Trois Faîtes, sans prétendre englober toutes les religions mais offrant un système permettant d’en comprendre l’unité sous-jacente. L’auteur explique ensuite comment ces trois cercles procèdent tous du triangle blanc central — divisés, on parle de trois Personnes ; unis, il n’y a qu’une seule racine, appelée Dieu, Adi-Bouddha, Vérité, ou Substance Originelle selon les traditions — et comment Dieu, source première de toute création, donne naissance aux dix mille êtres (« d’une seule racine, dix mille différences se dispersent ») avant qu’ils ne retournent tous à leur origine (« RETOUR À LA RACINE, RESTAURATION DE L’ORIGINE »). Les cinq points ainsi résumés — l’être au sein du néant, cet être lumineux qu’est Dieu, sa génération des êtres sensibles, la raison de leur descente en ce monde, et la voie de leur retour — préparent, selon l’auteur, la compréhension du diagramme lui-même.
B. Sur le Minutage du Feu de Minh Ly Dao. Ce sermon, prononcé à l’anniversaire de la fondation de Minh Ly Dao, explique l’emblème apposé sur le toit du temple Tam Tong Mieu, transmis à l’origine par Confucius au nom de Duc Thai Thuong. « Hoa » signifie feu, « Hau » signifie le moment propice ; ensemble, « l’heure propice pour appliquer le feu » — c’est-à-dire l’effort de culture qui doit être ajusté à chaque étape de la pratique, comme on règle le feu en cuisant le riz : trop ou trop peu, et le résultat échoue. Minh Ly Dao compte cinq étapes d’étude (Préparation, Fondation Initiale, Remède Externe, Élixir Interne, Transformation Spirituelle), chacune suivant un programme quotidien précis — d’où l’expression alchimique : « le succès dans le raffinement de l’élixir dépend entièrement du minutage du feu ». Le troisième sens, celui du « Retour à l’Origine », est le but même de Minh Ly Dao : ayant dispersé notre énergie vitale et abandonné notre vrai soi, nous nous éloignons chaque jour davantage de notre racine ; ce diagramme indique le chemin du retour vers notre trône originel — Dieu lui-même, symbolisé par le point unique au centre du petit cercle.
L’auteur expose ensuite l’interprétation occidentale du diagramme comme figure de la Sainte Trinité (citant le Dr Fugairon et Mme Blavatsky de la Société théosophique) : le triangle blanc central représente la Personne de la Divinité indifférenciée ; le grand cercle jaune, la Volonté (Dieu le Père) ; le grand cercle rouge, à gauche, la Sagesse (Dieu le Fils) ; le grand cercle bleu, à droite, l’Émotion ou l’Amour (Dieu le Saint-Esprit) — chacun accompagné de deux petits segments des deux autres couleurs, symbolisant leur interpénétration mutuelle. Les six segments qui en résultent (violet, vert, orange ardent, mêlés aux trois couleurs primaires) symbolisent selon Fugairon l’autorité, l’honneur, l’harmonie, l’équité, la compassion et l’humilité. L’auteur décrit enfin l’aspect « force vitale » correspondant à ces trois Personnes — attraction (Dieu le Père), lumière-vibration (Dieu le Fils, le « Verbe divin »), et courant électrique (Dieu le Saint-Esprit, la « semence de vie »).
Puis vient l’interprétation orientale, harmonisant Orient et Occident : ce diagramme démontre que le confucianisme, le bouddhisme et le taoïsme partagent une seule et même racine, la Grande Voie du Vide — absolue, universelle, ni grande ni petite selon l’angle d’où on la considère, comme l’enseigne le Kinh Thanh Tinh (« la Grande Voie est sans forme… pourtant elle engendre et nourrit le Ciel et la Terre »culminant dans la formule bouddhique : « vraie vacuité, existence merveilleuse »). L’auteur distingue ensuite la Voie de l’Être Substantiel en son aspect antérieur au Ciel — l’union triangulaire du Faîte Sans Bornes, du Faîte Suprême et du Faîte Auguste, symbolisée à l’autel principal de Tam Tong Mieu par la lampe à huile triangulaire suspendue au-dessus de trois tablettes commémoratives — et en son aspect postérieur au Ciel : les trois grands cercles correspondent respectivement au bouddhisme (Volonté, car le Mahayana fonde ses Trois Actes sur l’intention première), au confucianisme (Intellect, car la Grande Étude fonde ses huit points sur l’investigation des choses et l’extension du savoir), et au taoïsme (Émotion, selon un poème classique sur « l’affection de la Voie »). Les six segments correspondent enfin aux six vertus — compréhension, clarté, bienveillance, sagesse, courage et stratégie — que l’auteur explique une à une, chacune distinguée de sa contrefaçon superficielle (par exemple, la vraie compréhension n’est pas seulement entendre beaucoup, mais mettre en pratique ce qu’on a entendu selon les besoins du temps).
