Minh Lý Đạo - Tam Tông Miếu

Être Disciple de Minh Ly Dao / Le Chemin de l’Action

ÊTRE DISCIPLE DE MINH LY DAO

Sermon prononcé le 14e jour du premier mois lunaire, année Nham Dan (8 février 1962), par Minh Hanh.

Résumé

L’auteur traite une question que tout disciple finit par se poser : que signifie concrètement, dans la pratique quotidienne, vivre comme un véritable disciple de Minh Ly ? Il organise son propos autour de trois questions : pourquoi suivons-nous Minh Ly Dao ; quel est le but d’y adhérer ; et quels sont nos devoirs, tant dans la vie mondaine qu’au sein de la foi.

I. Pourquoi suivons-nous Minh Ly Dao ? En apparence, le chemin de chacun vers la foi semble accidentel — l’un est attiré après avoir assisté à un rite funéraire empreint d’ordre ; un autre est séduit que les offices de Tam Tong Mieu soient chantés en vietnamien simple et compréhensible plutôt que dans une langue liturgique étrangère ; un autre encore, déjà en quête d’une voie, se trouve ému par un sermon. Mais l’auteur soutient que ce hasard apparent est illusoire : de même que des milliards d’étoiles se meuvent dans l’univers sur des orbites fixes sans jamais se heurter, la vie humaine tout entière est gouvernée par la loi de Cause à Effet, et rien de ce qui façonne notre destin — moins encore une chose aussi capitale que le choix de notre foi — ne relève du hasard. Il propose que les disciples étaient probablement déjà liés entre eux dans des vies antérieures, partageant le même idéal ou la même foi, et que le destin karmique a maintenant réuni ces mêmes âmes, nées à peu près à la même époque et au même lieu, pour se retrouver à la fondation de Minh Ly Dao et reprendre l’œuvre déjà confiée par les Immortels — de même que les disciples du Bouddha, dans leurs vies antérieures, se seraient incarnés ensemble pour l’aider à fonder son propre enseignement. Nous ne devrions donc jamais traiter notre appartenance à la légère, comme une chose que l’on adopte ou abandonne sur un caprice ; notre culture spirituelle n’a pas commencé dans cette vie et ne s’achèvera pas non plus en elle.

II. Quel est le but d’y adhérer ? Chacun répond « pour se cultiver », mais l’auteur insiste pour distinguer deux dimensions concrètes. D’abord, la dimension visible (tu duc, « cultiver le mérite », ce que le bouddhisme appelle tu phuoc) : entretenir le temple, aider Tam Tong Mieu à grandir, diffuser les écritures et l’enseignement moral — car les gens ordinaires perçoivent d’abord la Voie à travers sa forme visible, le temple, tout comme l’âme est d’abord perçue à travers le corps visible. Ensuite, la dimension invisible (tu tam, « cultiver l’esprit », ce que le bouddhisme appelle tu hue) : une fois saisie l’importance de la Voie du Non-Agir, on se tourne vers la purification et l’illumination de son propre esprit — comparé à une lampe parmi d’autres dans la maison de la foi : si les lampes faiblissent, la maison reste sombre ; les personnes extérieures jugent la religion tout entière sur la conduite de ses propres disciples. L’auteur définit « tu » comme se corriger soi-même, cultiver la vertu, éteindre le désir, et balayer la poussière qui obscurcit la clarté naturelle de l’esprit, résumant l’enseignement du Bouddha dans ce quatrain : « Ne faire aucun mal ; faire tout le bien ; purifier sa propre intention — voici l’enseignement de tous les Bouddhas. » Il explique chaque clause : faire le bien crée un bon karma qui non seulement apporte une bénédiction future mais chasse activement le mal (citant le Livre du Repentir de Minh Ly : « aucune bonne action ne doit être négligée, si petite soit-elle — même la plus infime est déjà une œuvre de mérite ») ; éviter le mal coupe les liens karmiques qui perpétuent sinon la réincarnation sans fin ; et cultiver son tempérament signifie maîtriser le désir et les sept passions afin que la clarté naturelle de l’esprit puisse rayonner. Il souligne enfin qu’entendre l’enseignement ne vaut rien sans le mettre réellement en pratique.

III. Les devoirs du disciple de Minh Ly. La plupart des disciples sont des pratiquants laïcs menant une vie de foyer ordinaire, et portent donc deux ensembles de devoirs — mondains et religieux.

Dans la vie mondaine : envers la société, un disciple laïc vit extérieurement comme quiconque ; la seule différence réelle est intérieure — une compréhension établie de ce qui est réel et de ce qui est illusoire. Les disciples doivent observer strictement les Cinq Préceptes, gagner leur vie honnêtement, pratiquer la formule « faire le bien / éviter le mal / cultiver son tempérament » dans leurs relations quotidiennes, remplir leurs devoirs de citoyens tout en évitant les engagements politiques susceptibles de jeter le doute sur la foi, aider autrui selon leurs moyens, ne garder rancune envers personne, ne nuire à personne, et toujours préserver leur propre dignité. Envers la famille : suivant Confucius, l’un des Fondateurs des Trois Enseignements vénérés par Minh Ly Dao, la piété filiale envers les parents vient en premier — car prétendre révérer le Ciel et les Bouddhas tout en manquant de révérence envers ses propres parents rend cette révérence vide de sens. Vient ensuite l’affection fraternelle entre frères et sœurs (« les frères sont comme les mains et les pieds l’un de l’autre »). Enfin, on doit une responsabilité pleine et entière envers époux et enfants, liés à nous par des liens karmiques ; élever des enfants signifie nourrir leur esprit autant que leur corps, les éduquant et les guidant vers la vertu, afin qu’ils puissent à leur tour porter Minh Ly Dao plus loin.

Au sein de la foi : les disciples doivent des devoirs envers le temple et envers leurs coreligionnaires. Envers le temple : les disciples doivent aider le temple à prospérer selon leurs moyens et assister régulièrement aux offices de la nouvelle et de la pleine lune. Envers les coreligionnaires, trois qualités comptent : l’affection mutuelle (les disciples, bien qu’étrangers par le sang dans cette vie, sont liés par un lien spirituel des vies antérieures plus fort encore que la parenté, et partagent une seule mission de fonder et de préserver la foi) ; l’entraide mutuelle (besoins matériels, mais surtout soutien émotionnel et spirituel — réconforter les découragés, visiter et réciter les écritures pour les gravement malades, guider ceux tentés de s’éloigner, et ceux plus avancés dans l’enseignement doivent instruire les autres) ; et l’harmonie (une organisation ne perdure que par l’unité de but ; toute querelle mesquine affaiblit l’ensemble). L’auteur note que la plupart des frictions viennent d’un malentendu plutôt que d’une véritable malveillance : si la rudesse d’un coreligionnaire nous offense, rappelons-nous qu’il n’est lui aussi qu’une personne ordinaire encore en apprentissage, et répondons par un pardon compatissant plutôt que par le ressentiment.

Conclusion. Tous les disciples de Minh Ly sont des âmes étroitement liées à travers de nombreuses vies antérieures par un lien spirituel partagé et un devoir commun confié par les Immortels de fonder et de préserver cette foi ; quiconque sème la division agit contre cette confiance et devra en répondre devant les Puissances Supérieures après cette vie. L’auteur conclut en exhortant ses coreligionnaires à peser ce qu’il a dit et, là où cela sonne juste, à le mettre en pratique.

Avec toute la sincérité et la foi.


LE CHEMIN DE L’ACTION (NGHIEP HANH DAO)

Sermon prononcé le 14e jour du premier mois lunaire, année Tan Hoi (1971), par Minh Thien.

Résumé

« Le Chemin de l’Action » est la méthode qui libère l’âme de la réincarnation par l’action et le travail — le plus facile des trois chemins classiques (Action, Sagesse, et Dévotion/Foi), accessible à tous sans talent particulier. Toute l’humanité évolue en quelque sorte selon ce chemin, mais la personne ordinaire, mue par le seul instinct naturel, progresse extrêmement lentement à travers d’innombrables vies, tandis que le pratiquant délibéré, agissant avec la même sorte d’effort mais avec une résolution consciente, avance peut-être dix fois plus vite — atteignant parfois la Voie en seulement quelques incarnations. Chaque âme étant une étincelle du Dieu Suprême inexorablement attirée vers sa source, seul le voile de l’Ignorance empêche la plupart des gens de percevoir ce but supérieur et de le poursuivre avec urgence — telle une barque sans gouvernail dérivant et se heurtant aux obstacles, comparée à celle dirigée délibérément et rapidement vers sa destination.

L’auteur retrace quatre étapes successives de ce chemin, les alignant sur les catégories d’action du Livre des Mutations :

  1. Agir par contrainte (mien cuong ma lam) : l’humanité primitive, encore proche de sa nature animale, n’est poussée à agir que par le désir brut — faim, confort, plaisir — puisque l’inaction apporte le manque et la souffrance. Aussi grossier soit-il, cela brise au moins le vice plus profond de l’inertie, la stagnation étant elle-même une forme de mort contraire à l’évolution ; le désir ne sert ici que de fouet mettant le cheval en mouvement.
  2. Agir par intérêt personnel, matériel (chu loi nhi hanh — vat chat) : l’humanité en vient à sentir que l’appétit brut est indigne d’une étincelle du Suprême, et s’efforce plutôt vers des buts apparemment plus élevés — richesse, réussite, philanthropie, science, invention — mais toujours fondamentalement pour en récolter une récompense, qu’il s’agisse de succès mondain, de louange, de rang, ou d’une renaissance favorable. Ceci décrit l’ambition de la civilisation « avancée » d’aujourd’hui : toujours mue par l’intérêt personnel, simplement raffiné.
  3. Agir par intérêt personnel, spirituel (chu loi nhi hanh — tinh than) : finalement, une personne se lasse de ce désir sans fin et jamais assouvi — plus on accumule, moins on se sent satisfait, « plus la renommée est haute, plus l’épreuve est profonde » — et se tourne plutôt vers le renoncement complet au monde, fuyant vers les montagnes et les forêts en quête de paix. Mais cela aussi déçoit finalement : le désir ne disparaît pas simplement parce que ses objets sont physiquement hors de portée.
  4. Agir avec une parfaite équanimité (an nhien nhi hanh) : le pratiquant réalise enfin que ni le retrait du monde ni l’oisiveté ne dissolvent le karma — il faut au contraire rester engagé dans l’action mondaine, mais entièrement sans enjeu personnel dans son résultat, matériel ou spirituel, et sans souci même de la gratitude d’autrui. Un homme riche, par exemple, peut continuer à gagner comme avant, mais désormais purement pour bénéficier à autrui plutôt qu’à lui-même, aussi indifférent au profit qu’un intendant collectant les revenus pour le compte de son maître plutôt que pour lui-même. L’auteur avertit que même le désir plus subtil de voir ses efforts réussir, ou d’être remercié et admiré pour eux, est encore une forme de désir liant au karma ; la véritable libération exige d’agir purement par conscience, indifférent au gain ou à la perte, à la louange ou au blâme, à l’honneur ou à l’humiliation, à la joie ou à la peine, à la richesse ou à la pauvreté. Ce n’est que dans cette équanimité posée que l’esprit devient assez calme et clair pour percevoir sa vraie nature, reconnaître son unité avec le Dieu Suprême, et s’offrir entièrement en service — tel le soleil, qui brille simplement sur tous sans rien demander en retour, échappant ainsi entièrement à la chaîne de Cause à Effet et se fondant dans la Voie.

Note éditoriale : ce sermon est tiré de la causerie du 14 janvier 1971 donnée par le regretté Dinh Phap Minh Thien sur le sujet des « Trois Sentiers » d’Annie Besant, Présidente de la Société Théosophique. Le Chemin de l’Action est décrit comme le plus facile des trois voies par lesquelles l’âme peut échapper à la réincarnation.

Avec toute la sincérité et la foi.