Minh Lý Đạo - Tam Tông Miếu

Sur la Question du Taoïsme

SUR LA QUESTION DU TAOÏSME

Causerie prononcée à Thanh An Tu, par Nguyen Minh Thien, Dinh Phap Tong Ly

Résumé

I. Définir le mot « Dao » du taoïsme. L’auteur retrace l’origine du mot Dao au Tao Te King de Lao Tseu, rappelant que le titre « Thai Thuong Dao Quan » lui fut conféré par les empereurs chinois et non revendiqué par lui-même. Citant le premier chapitre de l’ouvrage (« la Voie qui peut être dite n’est pas la Voie éternelle… sans nom, elle est l’origine du Ciel et de la Terre ; nommée, elle est la mère des dix mille choses »), il explique que la Voie n’a ni forme ni nom véritable, mais engendre toute chose visible sans jamais être un pur néant — « bien que rien, elle est quelque chose ; bien que quelque chose, elle est rien », distincte du « vide obstiné » stérile. Sans Vertu (Duc), la Voie ne saurait être authentique : Dao et Duc, avant et après la génération, partagent une seule substance, appelée noumène et phénomène par la philosophie moderne, Dharma et Bouddha par le bouddhisme, Ciel et Souverain Suprême par le confucianisme, Brahman et Brahma par l’hindouisme — citant le Dr Wieger : « immobile, on l’appelle Dao ; agissante, on l’appelle Duc ». L’auteur avertit enfin de ne pas confondre ce sens absolu (majuscule) avec le sens ordinaire et minuscule du mot (chemin, méthode, principe moral).

II. Bref exposé de la doctrine. L’auteur choisit d’expliquer quelques termes essentiels. Vo Vi (non-agir) ne signifie pas l’oisiveté, mais « ne pas agir, et pourtant rien n’est laissé inaccompli » — c’est-à-dire ne pas agir selon les conventions mondaines (Huu Vi). Huu Vi, l’action conditionnée, est impermanente, née de causes et de conditions, sans substance véritable, comme l’enseigne le Sutra du Diamant : « tous les phénomènes conditionnés sont comme un rêve, une illusion, une bulle, une ombre… ». Bouddhisme et taoïsme aspirent également au Vo Vi, la pratique du Huu Vi ne servant que de préparation à celui-ci — citant un poème taoïste : « d’abord cultiver par l’action, nul ne le voit ; ce n’est qu’en atteignant le non-agir que son excellence se révèle ». Le Vo Vi seul est authentique et durable, car sans forme il échappe aux sens et dure éternellement ; sa pratique consiste à « éteindre l’ego, abandonner l’intention égoïste », tandis que le Huu Vi nourrit l’ego jusqu’à l’abîme sans fond. Citant Lao Tseu (« le retour est le mouvement de la Voie »), l’auteur explique que le Huu Vi va vers l’extérieur tandis que le Vo Vi ramène vers l’intérieur, d’où le principe central du taoïsme : « pureté, quiétude et non-agir » — cultiver ce « Cœur de la Voie » distinct du « Cœur humain », selon le Livre des Documents : « le cœur humain est périlleux, le cœur de la Voie est subtil ».

Sur la Douceur et la Souplesse (Nhu Nhuoc), l’auteur cite Lao Tseu : « le doux triomphe du dur, le faible triomphe du fort » et « la faiblesse est la fonction de la Voie » — non une soumission passive, mais un art habile de contention menant à la victoire finale sans violence, à l’image de l’eau qui bénéficie à toute chose sans jamais lutter, s’adaptant sans cesse au terrain. Il illustre ce principe par une anecdote tirée du Roman des Trois Royaumes, où Khong Minh (Zhuge Liang), par une simple lettre flatteuse, provoque la mort de rage de Chau Cong Uan (Zhou Yu), démontrant que la souplesse peut vaincre la force brute — un secret que seul un esprit de sagesse supérieure et de « clarté subtile » sait employer à bon escient.

Sur l’enseignement sans paroles (Bat Ngon Chi Giao), citant Lao Tseu (« il s’établit dans le non-agir et pratique l’enseignement sans paroles »), l’auteur explique que la Voie, étant sans forme ni nom véritable, ne saurait être pleinement exprimée par le langage humain, la raison ordinaire ne saisissant que l’aspect extérieur et tangible des choses ; même un maître ayant réalisé la Voie ne pourrait la transmettre à qui n’a pas rectifié son propre cœur et éteint son désir. Il rapproche ceci de l’Hymne à l’Empereur Suprême du Tam Ky (« sans agir, pourtant dirigeant tous les esprits ; sans parler, pourtant proclamant silencieusement la grande transformation ») et de celui de Minh Ly Dao, concluant que la Voie et le Souverain Suprême ne sont nullement distincts — seuls les noms diffèrent, la substance véritable demeurant une.

III. Le taoïsme est un, bien qu’aujourd’hui divisé en plusieurs branches. L’auteur retrace brièvement l’histoire de Lao Tseu et de ses écritures (Tao Te King, transmis à Quan Doan Hi ; puis le Kinh Huynh Dinh, le Kinh Thanh Tinh, le Kinh Cam Ung), rappelant que le taoïsme, comme les autres grandes religions, comporte un aspect ésotérique peu diffusé, source de nombreux malentendus. Il distingue quatre branches actuelles : les Études Métaphysiques (Huyen Ly, les ermites reclus, tels les Sept Sages de la Forêt de Bambous) ; l’Élixir d’Or (Kim Don), qui ne désigne pas un remède matériel mais la propre nature originelle de l’homme, citant un poème sur « la nature originelle du Ciel Antérieur, qu’on nomme élixir, raffinée dans le fourneau des huit trigrammes » ; les Talismans et Registres (Phu Luc), associés à Truong Giac et à la révolte des Turbans Jaunes ; et les Textes Prophétiques (Sam Vi), la divination et la géomancie. Le taoïsme, conclut l’auteur, englobe toute chose ; les malentendus et superstitions qui l’entourent ne sont pas le fait de la doctrine elle-même, mais de ceux qui, mal instruits, en abusent à des fins de profit ou de renommée.

IV. Conclusion. L’auteur déplore que les enseignements profonds de Lao Tseu — Vo Vi, Nhu Nhuoc, l’enseignement sans paroles — soient souvent pris pour une doctrine passive et négative, alors qu’ils procèdent au contraire d’une action intérieure intense guidée par une sagesse claire, tandis que l’agitation mondaine, dépourvue de vision profonde, aboutit souvent, elle, à un véritable échec. Il exhorte les fidèles à chercher le sens caché des enseignements des anciens Sages plutôt que de juger sur la seule apparence, et conclut par des vœux de paix pour le monde entier.

Avec toute la sincérité du cœur.