{"id":921,"date":"2026-07-07T20:00:00","date_gmt":"2026-07-07T13:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/minhlydao.org.vn\/fr\/?page_id=921"},"modified":"2026-07-07T20:00:00","modified_gmt":"2026-07-07T13:00:00","slug":"sur-lesprit","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/huyencong.minhlydao.org.vn\/index.php\/fr\/doctrine\/sermons\/sur-lesprit\/","title":{"rendered":"Sur l&#8217;Esprit"},"content":{"rendered":"<p><strong>SUR L&#8217;ESPRIT (NOI VE CAI TAM)<\/strong><\/p>\n<p><strong>NGUYEN MINH THIEN<\/strong><\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong><\/p>\n<p><strong>A. D\u00e9finir le mot \u00ab Esprit \u00bb (Tam).<\/strong><\/p>\n<p><strong>I. Sens physiologique.<\/strong> Il s&#8217;agit d&#8217;abord du c\u0153ur charnel, l&#8217;organe qui fait circuler le sang dans le corps ; l&#8217;auteur en d\u00e9crit bri\u00e8vement la fonction physiologique (sang oxyg\u00e9n\u00e9, circulation continue), notant que la d\u00e9faillance du c\u0153ur, contrairement \u00e0 celle d&#8217;autres organes, entra\u00eene la mort instantan\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>II. Sens philosophique.<\/strong> Selon la pens\u00e9e orientale, l&#8217;esprit engendre \u00e9galement la pens\u00e9e ; la pens\u00e9e occidentale distingue plut\u00f4t la raison (si\u00e8ge dans le cerveau) et le sentiment (si\u00e8ge dans le c\u0153ur), tandis qu&#8217;une autre \u00e9cole y voit tout provenir de l&#8217;esprit seul, le cerveau n&#8217;\u00e9tant qu&#8217;un instrument distinguant le bien du mal.<\/p>\n<p><strong>III. Sens confuc\u00e9en.<\/strong> Le but ultime du confucianisme est \u00ab pr\u00e9server l&#8217;esprit et nourrir sa nature \u00bb (Ton tam duong tanh). L&#8217;auteur cite Ma\u00eetre Tcheng (\u00ab nature et esprit ne sont qu&#8217;un seul principe ; nomm\u00e9 selon ce que le Ciel donne, on l&#8217;appelle nature ; nomm\u00e9 selon ce qui existe en l&#8217;homme, on l&#8217;appelle esprit \u00bb) et Mencius (\u00ab la Voie n&#8217;est autre que chercher l&#8217;esprit \u00e9gar\u00e9 et le ramener \u00bb), avant de d\u00e9tailler trois m\u00e9thodes confuc\u00e9ennes : l&#8217;auto-examen (tinh sat, examiner honn\u00eatement ses propres pens\u00e9es), la ma\u00eetrise et la r\u00e9pression (khac tri, trancher net les pens\u00e9es mauvaises comme on coupe une racine), et la pr\u00e9servation-nourriture (ton duong, cultiver ensuite les pens\u00e9es bonnes qui subsistent). Il cite enfin le Tam Tu Kinh (\u00ab au tout commencement, la nature humaine est fondamentalement bonne \u00bb) en pr\u00e9cisant que ce \u00ab commencement \u00bb d\u00e9signe non la naissance de chaque individu, mais l&#8217;origine m\u00eame de l&#8217;humanit\u00e9, \u00e9tincelle de Lumi\u00e8re numineuse donn\u00e9e par le Ciel, souill\u00e9e seulement par le contact ult\u00e9rieur avec ce monde.<\/p>\n<p><strong>IV. Sens tao\u00efste.<\/strong> Le but ultime du tao\u00efsme est \u00ab cultiver l&#8217;esprit et raffiner sa nature \u00bb (Tu tam luyen tanh). Le tao\u00efsme distingue l&#8217;esprit agit\u00e9 (turbide) de l&#8217;esprit apais\u00e9 (pur), et nomme le premier \u00ab l&#8217;\u00c2me Errante \u00bb (Du Hon), citant un long passage du Livre des Mutations sur la distinction entre l&#8217;\u00e2me \u00e9th\u00e9r\u00e9e (hon), transmigrant sans fin \u00e0 travers les existences, et l&#8217;\u00e2me corporelle (phach), li\u00e9e au corps et p\u00e9rissant avec lui. L&#8217;auteur cite ensuite le Kinh Huynh Dinh (\u00ab l&#8217;esprit est le souverain, roi des cinq visc\u00e8res\u2026 la Voie tient fermement le soi, et l&#8217;esprit devient lumineux \u00bb) pour expliquer que \u00ab cultiver l&#8217;esprit \u00bb consiste pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 ma\u00eetriser cette \u00c2me Errante avant m\u00eame qu&#8217;elle ne s&#8217;agite, afin de laisser l&#8217;Esprit Originel se manifester clairement.<\/p>\n<p><strong>V. Sens bouddhique.<\/strong> Le but ultime du bouddhisme est \u00ab illuminer l&#8217;esprit pour voir clairement sa nature \u00bb (Minh tam kien tanh), selon la formule de Bodhidharma : \u00ab pointer directement le c\u0153ur humain ; qui voit sa nature devient Bouddha. \u00bb L&#8217;auteur distingue quatre niveaux d&#8217;esprit : le c\u0153ur de chair ; l&#8217;esprit conditionn\u00e9 et r\u00e9flexif (naissant en d\u00e9pendance des conditions ext\u00e9rieures, disparaissant avec elles) ; l&#8217;esprit accumulateur (la conscience Alaya, emmagasinant des semences form\u00e9es par l&#8217;habitude, qui rendent une action toujours plus facile \u00e0 r\u00e9p\u00e9ter) ; et enfin le V\u00e9ritable Esprit, non n\u00e9 et non d\u00e9truit, appel\u00e9 aussi Esprit de Vraie Ainsit\u00e9, Bodhi, Nature de Parfaite Illumination \u2014 substance originelle rarement expos\u00e9e de fa\u00e7on coh\u00e9rente dans les \u00e9critures, que chacun doit approfondir par soi-m\u00eame.<\/p>\n<p><strong>B. Discours sur la substance originelle du V\u00e9ritable Esprit.<\/strong><\/p>\n<p><strong>I. Discours g\u00e9n\u00e9ral.<\/strong> L&#8217;auteur distingue nettement \u00ab substance originelle \u00bb (bon the) et \u00ab corps physique \u00bb (than the) : le corps physique, mat\u00e9riel et p\u00e9rissable, diff\u00e8re radicalement de la Substance Originelle, immat\u00e9rielle et \u00e9ternelle, que le Bouddha appelle \u00ab le corps de vajra indestructible \u00bb. Il faut donc, en lisant les Trois Enseignements, ne jamais confondre \u00ab corps \u00bb avec le corps physique ni \u00ab esprit \u00bb avec le c\u0153ur charnel : les deux mots renvoient en r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 cette m\u00eame Substance Originelle. Puisque cette Substance, sans forme, demeure inconcevable et indicible en elle-m\u00eame, l&#8217;auteur explique qu&#8217;on peut n\u00e9anmoins l&#8217;inf\u00e9rer \u00e0 travers ses fonctions observables \u2014 comme on inf\u00e8re la pr\u00e9sence d&#8217;une lampe \u00e0 la lumi\u00e8re qu&#8217;elle projette, m\u00eame sans la voir directement \u2014 ainsi les passions et d\u00e9sirs qui s&#8217;agitent en nous attestent l&#8217;existence de cet esprit, dont les Fondateurs des Trois Enseignements nous ont enseign\u00e9 qu&#8217;il peut devenir aussi bien \u00eatre ordinaire, Sage, animal ou Bouddha selon ses propres actes.<\/p>\n<p><strong>II. Discours particulier.<\/strong> Le confucianisme nomme cette Substance Originelle Nature rationnelle, Connaissance Inn\u00e9e, Nature mandat\u00e9e par le Ciel \u2014 n&#8217;en discutant que la fonction, sans en pr\u00e9ciser la substance m\u00eame. Le tao\u00efsme la nomme Esprit de la Voie, Esprit C\u00e9leste, Lumi\u00e8re numineuse ou Lumi\u00e8re dor\u00e9e, citant un po\u00e8me de Shao Yung sur l&#8217;Esprit C\u00e9leste r\u00e9sidant, immobile, \u00e0 l&#8217;instant pr\u00e9cis o\u00f9 le premier trait yang s&#8217;\u00e9veille au solstice d&#8217;hiver, avant m\u00eame que les dix mille choses n&#8217;aient pris forme \u2014 l&#8217;auteur y retrouvant la triple gen\u00e8se d\u00e9j\u00e0 d\u00e9crite au premier chapitre : le Fa\u00eete Sans Bornes, le Fa\u00eete Supr\u00eame, et enfin le Fa\u00eete Auguste o\u00f9 se rencontrent yin et yang r\u00e9unis. Le bouddhisme, enfin, tient un discours plus subtil encore, citant le Sutra Shurangama (\u00ab l&#8217;Esprit du Sein du Tathagata fait soudain surgir fleuves, montagnes, continents et tous les ph\u00e9nom\u00e8nes conditionn\u00e9s \u00bb) et le Trait\u00e9 du R\u00e9veil de la Foi dans le Mahayana (\u00ab l&#8217;Esprit de Vraie Ainsit\u00e9 est la substance m\u00eame de l&#8217;unique royaume du Dharma \u00bb), tout en pr\u00e9cisant que cette Substance bouddhique, d\u00e9pourvue de toute forme, se distingue des \u00ab substances premi\u00e8res \u00bb de la philosophie ou des doctrines h\u00e9t\u00e9rodoxes, encore prisonni\u00e8res de la forme conventionnelle \u2014 le Trait\u00e9 des Cent Vers (Bach Luan) rappelant que \u00ab ce qui est r\u00e9fut\u00e9 n&#8217;est que la vue erron\u00e9e elle-m\u00eame, non quelque chose de r\u00e9ellement existant \u00bb : ni l&#8217;attachement \u00e0 l&#8217;existence, ni l&#8217;attachement au pur n\u00e9ant, ne rendent compte de la v\u00e9rit\u00e9, sous peine de tomber, selon les \u00e9critures, dans \u00ab la faute de s&#8217;attacher au vide \u00bb.<\/p>\n<p><strong>Conclusion.<\/strong> Se cultiver vers la lib\u00e9ration, c&#8217;est chercher l&#8217;accord et l&#8217;union avec cette Substance Originelle. L&#8217;auteur rapporte avoir fait graver, \u00e0 l&#8217;entr\u00e9e du temple de Tam Tong Mieu, ce distique r\u00e9sumant son enseignement : \u00ab la forme ant\u00e9rieure \u00e0 la forme n&#8217;est pas forme \u2014 alors seulement l&#8217;esprit atteint la qui\u00e9tude ; le principe du vide n&#8217;est pas vide \u2014 alors seulement la nature commence \u00e0 se purifier \u00bb, signifiant que la Substance Originelle de tous les \u00eatres n&#8217;est ni forme ni vide au sens ordinaire, et que seule la Voie du Milieu permet de s&#8217;unir \u00e0 elle \u2014 c&#8217;est en ce point unique, conclut-il, que convergent v\u00e9ritablement les Trois Enseignements.<\/p>\n<p>Avec toute la sinc\u00e9rit\u00e9 du c\u0153ur.<\/p>\n<p><strong>NGUYEN MINH THIEN<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>SUR L&#8217;ESPRIT (NOI VE CAI TAM) NGUYEN MINH THIEN R\u00e9sum\u00e9 A. D\u00e9finir le mot \u00ab Esprit \u00bb (Tam). I. Sens physiologique. Il s&#8217;agit d&#8217;abord du c\u0153ur charnel, l&#8217;organe qui fait circuler le sang dans le corps ; l&#8217;auteur en d\u00e9crit bri\u00e8vement la fonction physiologique (sang oxyg\u00e9n\u00e9, circulation continue), notant que la d\u00e9faillance du c\u0153ur, contrairement [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":920,"menu_order":1,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-921","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/huyencong.minhlydao.org.vn\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/921","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/huyencong.minhlydao.org.vn\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/huyencong.minhlydao.org.vn\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/huyencong.minhlydao.org.vn\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/huyencong.minhlydao.org.vn\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=921"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/huyencong.minhlydao.org.vn\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/921\/revisions"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/huyencong.minhlydao.org.vn\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/920"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/huyencong.minhlydao.org.vn\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=921"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}