{"id":926,"date":"2026-07-07T20:00:00","date_gmt":"2026-07-07T13:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/minhlydao.org.vn\/fr\/?page_id=926"},"modified":"2026-07-07T20:00:00","modified_gmt":"2026-07-07T13:00:00","slug":"cinq-branches-grande-voie","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/huyencong.minhlydao.org.vn\/index.php\/fr\/doctrine\/sermons\/cinq-branches-grande-voie\/","title":{"rendered":"Les Cinq Branches de la Grande Voie"},"content":{"rendered":"<p><strong>LES CINQ BRANCHES DE LA GRANDE VOIE<\/strong><\/p>\n<p><em>Sermon prononc\u00e9 \u00e0 l&#8217;occasion de l&#8217;inauguration du temple r\u00e9nov\u00e9 Minh Thien Dao (Thanh An Tu), province de Binh Duong, 1-3 novembre 1966, par Nguyen Minh Thien, Dinh Phap de Minh Ly Dao.<\/em><\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>L&#8217;auteur ouvre son propos par une d\u00e9finition de la \u00ab Grande Voie \u00bb (Dai Dao), tir\u00e9e du chapitre 25 du Tao Te King : \u00ab il existe une chose form\u00e9e dans la confusion, n\u00e9e avant le Ciel et la Terre\u2026 je ne connais pas son nom, je l&#8217;appelle la Voie, et, forc\u00e9 de lui donner un nom, je l&#8217;appelle Grande. \u00bb Cette Voie sans forme, premi\u00e8re cause de l&#8217;univers, s&#8217;exprime au-dehors sous le nom de Vertu (Duc) \u2014 non au sens moral ordinaire, mais comme la \u00ab Vertu Supr\u00eame \u00bb coextensive \u00e0 la Voie elle-m\u00eame. Citant les traducteurs occidentaux de Lao Tseu (Pierre Salet, le Dr Wieger) et la comparaison de Glasenapp avec le Brahman hindou, l&#8217;auteur montre que le \u00ab Ciel\/Souverain Supr\u00eame \u00bb confuc\u00e9en, le \u00ab Dharma\/Corps de Dharma \u00bb bouddhique et le \u00ab Voie\/Vertu \u00bb tao\u00efste d\u00e9signent tous une m\u00eame racine unique, sous des noms diff\u00e9rents \u2014 et que, par loi naturelle, tout ce qui en proc\u00e8de doit finalement y retourner, comme la graine qui, apr\u00e8s avoir donn\u00e9 tige, branches et fruits, redevient graine identique \u00e0 la premi\u00e8re. Il cite le Chau Dich Huyen Nghia de Minh Ly Dao sur les quatre vertus de l&#8217;hexagramme Kien (le Ciel), notant que l&#8217;\u00e9tape finale, Trinh, \u00ab ach\u00e8ve et restaure la bonne graine telle qu&#8217;auparavant \u00bb \u2014 image de tout changement (bien dich) retournant finalement \u00e0 l&#8217;immuable (bat dich). Le bouddhisme et le tao\u00efsme nomment ce cycle \u00ab les six voies de la r\u00e9incarnation \u00bb ; le but du pratiquant religieux est d&#8217;\u00e9chapper \u00e0 ce cycle pour atteindre la permanence immuable \u2014 l&#8217;\u00e9tat d&#8217;Immortel ou de Bouddha.<\/p>\n<p><em>Deux voies oppos\u00e9es au sein de la Grande Voie.<\/em> La Voie comporte un aspect changeant, qui bouleverse sans cesse la vie humaine, et un aspect immuable, permanent, qui seul procure paix et bonheur v\u00e9ritables. La premi\u00e8re voie suit le courant naturel de la Cr\u00e9ation, montant et descendant dans la peine ; la seconde va \u00e0 contre-courant, menant \u00e0 la paix du Nirvana. L&#8217;auteur cite un commentaire bouddhique de sa propre traduction, expliquant que le bonheur mondain est lui-m\u00eame une forme de souffrance, \u00e9tant impermanent et n\u00e9 seulement de la combinaison temporaire de causes et de conditions \u2014 c&#8217;est pourquoi le Bouddha n&#8217;a enseign\u00e9 que la V\u00e9rit\u00e9 de la Souffrance, non une \u00ab V\u00e9rit\u00e9 du Bonheur \u00bb. La souffrance na\u00eet de l&#8217;Ignorance, oppos\u00e9e \u00e0 la Nature de Bouddha ; l&#8217;\u00e9teindre et manifester cette Nature s&#8217;appelle \u00ab Illuminer l&#8217;Esprit et Voir sa Nature \u00bb, r\u00e9alisation du Nirvana \u2014 citant le ma\u00eetre Chan Chen-houei : \u00ab le Nirvana, \u00e9tant non-n\u00e9, engendre la Prajna ; la Prajna, libre de vues erron\u00e9es, per\u00e7oit le Nirvana. \u00bb<\/p>\n<p><em>L&#8217;effort de culture doit suivre la loi de l&#8217;\u00e9volution.<\/em> Obtenir la sagesse de Prajna exige un effort soutenu, non un r\u00e9sultat imm\u00e9diat. L&#8217;auteur illustre cette progression graduelle par la c\u00e9l\u00e8bre parabole du Fils Prodigue du Sutra du Lotus : un fils qui, ayant quitt\u00e9 enfant son p\u00e8re fortun\u00e9, erre des d\u00e9cennies dans la pauvret\u00e9, et, par hasard, mendie devant la demeure paternelle sans reconna\u00eetre son p\u00e8re ; celui-ci, reconnaissant son fils mais le voyant effray\u00e9 par sa propre opulence, ne r\u00e9v\u00e8le pas d&#8217;embl\u00e9e leur lien. Il le fait engager anonymement pour nettoyer les excr\u00e9ments, le promeut peu \u00e0 peu intendant \u00e0 mesure que la confiance grandit, et ne r\u00e9v\u00e8le qu&#8217;\u00e0 son lit de mort, devant toute la maisonn\u00e9e, que cet ouvrier est en r\u00e9alit\u00e9 son propre fils et h\u00e9ritier. Le p\u00e8re repr\u00e9sente le Tathagata ; le fils repr\u00e9sente les \u00eatres sensibles, que le Bouddha guide de m\u00eame progressivement, par des moyens habiles (upaya) adapt\u00e9s \u00e0 leur capacit\u00e9, plut\u00f4t que tout \u00e0 la fois \u2014 d&#8217;o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9 de ne jamais s&#8217;attacher rigidement \u00e0 un seul \u00ab moyen habile \u00bb en perdant de vue l&#8217;unique Grande Voie qu&#8217;il sert.<\/p>\n<p><em>Les Cinq Branches de la Grande Voie.<\/em> L&#8217;auteur identifie cinq branches, correspondant chacune \u00e0 une \u00e9tape face \u00e0 la souffrance, tels cinq \u00e9chelons d&#8217;une m\u00eame \u00e9chelle, toutes convergeant vers la m\u00eame lib\u00e9ration ultime :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>L&#8217;Humanit\u00e9 (Nhon Dao) \u2014 se soumet \u00e0 la souffrance (tung kho) :<\/strong> accepter naissance, vieillesse, maladie et mort, et les \u00e9preuves de sa condition, tout en remplissant fid\u00e8lement ses devoirs envers famille et soci\u00e9t\u00e9 \u2014 comme enfant, parent, \u00e9poux, ma\u00eetre, serviteur, fr\u00e8re et citoyen \u2014 sans se laisser briser par l&#8217;\u00e9preuve ni honteux de la pauvret\u00e9.<\/li>\n<li><strong>La Voie des Esprits (Than Dao) \u2014 surmonte la souffrance (thang kho) :<\/strong> la voie du guerrier et du soldat, qui doit vaincre l&#8217;oppression et l&#8217;invasion, s\u00e9curiser la patrie et r\u00e9primer le d\u00e9sordre afin que le peuple vive en paix.<\/li>\n<li><strong>La Voie des Sages (Thanh Dao) \u2014 endure la souffrance (tho kho) :<\/strong> assumer la mission de racheter la souffrance de l&#8217;humanit\u00e9, jusqu&#8217;au sacrifice de soi \u2014 comme l&#8217;enseignement confuc\u00e9en de \u00ab se tuer soi-m\u00eame pour accomplir la bienveillance \u00bb, ou comme J\u00e9sus acceptant la crucifixion en expiation des p\u00e9ch\u00e9s du monde, par compassion sans limite.<\/li>\n<li><strong>La Voie des Immortels (Tien Dao) \u2014 dissout la souffrance (giai kho) :<\/strong> une culture qui va \u00e0 contre-courant du monde mais en accord avec le principe naturel, harmonisant esprit et \u00e9nergie vitale pour briser tout attachement et atteindre la qui\u00e9tude paisible du non-agir, puisque (selon la formule classique) \u00ab le c\u0153ur d&#8217;une seule personne est le c\u0153ur du Ciel et de la Terre ; le principe d&#8217;une seule chose est le principe des dix mille choses \u00bb \u2014 ainsi qu&#8217;en t\u00e9moignent les r\u00e9cits de Tchouang-tseu sur des adeptes dont l&#8217;esprit concentr\u00e9 pouvait pr\u00e9server un lieu de la maladie ou assurer une bonne r\u00e9colte, faisant \u00e9cho \u00e0 la parole de Mencius selon laquelle le simple passage d&#8217;un Sage transforme pour le mieux ceux qu&#8217;il rencontre.<\/li>\n<li><strong>La Voie des Bouddhas (Phat Dao) \u2014 transcende la souffrance (thoat kho) :<\/strong> allant plus loin encore, cherchant la lib\u00e9ration de tout attachement, corporel ou cosmique, pour atteindre la Vraie Vacuit\u00e9 au-del\u00e0 de la forme ; pourtant, les Bouddhas et Bodhisattvas, bien que libres, n&#8217;oublient jamais les \u00eatres encore submerg\u00e9s dans la mer de souffrance, et se manifestent continuellement dans le monde pour les guider vers la m\u00eame illumination \u2014 car, comme le dit l&#8217;adage, \u00ab l&#8217;esprit, le Bouddha et les \u00eatres sensibles ne font aucune diff\u00e9rence \u00bb \u2014 un \u00eatre sensible qui se cultive devient Bouddha, \u00e9gal au Bouddha, de sorte qu&#8217;il n&#8217;existe en v\u00e9rit\u00e9 aucune diff\u00e9rence essentielle entre eux. L&#8217;auteur ajoute que la souffrance elle-m\u00eame ne doit pas \u00eatre simplement \u00e9vit\u00e9e \u00e0 tout prix \u2014 parfois il faut l&#8217;accepter comme \u00ab notre ma\u00eetre \u00bb (La douleur, c&#8217;est notre ma\u00eetre), citant le Thien Lam Buu Huan : seule l&#8217;\u00e9preuve aiguise la r\u00e9solution et approfondit la r\u00e9flexion, transformant le malheur en b\u00e9n\u00e9diction et la mati\u00e8re en Voie.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Conclusion.<\/strong> Les Cinq Branches partagent un m\u00eame but, guidant l&#8217;humanit\u00e9 par \u00e9tapes vers la ma\u00eetrise compl\u00e8te et finale de soi-m\u00eame et du cosmos ; chacun doit honn\u00eatement \u00e9valuer son propre niveau et ses circonstances pour chercher l&#8217;\u00e9tape d&#8217;\u00e9tude appropri\u00e9e, sans viser ni trop haut ni trop bas \u2014 illustr\u00e9 par les exemples de Tchouang-tseu sur l&#8217;anguille qui prosp\u00e8re dans les basses terres humides o\u00f9 le dos d&#8217;un homme souffrirait, et le singe qui se r\u00e9jouit des hauteurs qui terrifieraient un homme sur une branche : chaque cr\u00e9ature appartient \u00e0 l&#8217;enseignement adapt\u00e9 \u00e0 sa propre nature. Les pratiquants avanc\u00e9s ne doivent pas m\u00e9priser ceux qui en sont \u00e0 une \u00e9tape ant\u00e9rieure ; l&#8217;entraide mutuelle, non la rivalit\u00e9 doctrinale, est ce qui compte. Le v\u00e9ritable bonheur ne r\u00e9side pas dans la dispute des th\u00e9ories mais dans le lien d&#8217;amour mutuel qui unit les hommes, s&#8217;effor\u00e7ant ensemble de pratiquer la vertu, afin de b\u00e2tir un royaume partag\u00e9 de paix \u2014 un avant-go\u00fbt du Nirvana en ce monde m\u00eame. Le sermon se conclut par des pri\u00e8res pour le m\u00e9rite et la prosp\u00e9rit\u00e9 durable de Minh Thien Dao et de son temple nouvellement r\u00e9nov\u00e9.<\/p>\n<p>Avec toute la sinc\u00e9rit\u00e9 du c\u0153ur.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>LES CINQ BRANCHES DE LA GRANDE VOIE Sermon prononc\u00e9 \u00e0 l&#8217;occasion de l&#8217;inauguration du temple r\u00e9nov\u00e9 Minh Thien Dao (Thanh An Tu), province de Binh Duong, 1-3 novembre 1966, par Nguyen Minh Thien, Dinh Phap de Minh Ly Dao. 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